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  • [ACTU CARRIÈRE] Les réseaux de femmes, opportunité ou ghetto ?

    Mar 05, 2019

    ***English version below***

    « Je fais bien mon travail, mais je n’avance pas dans ma carrière… On me dit de soigner mon carnet d’adresses, devrais-je donc rejoindre un réseau de femmes ? » Alors que certains esprits chagrins évoqueront une pâle et revancharde imitation des clubs historiques réservés aux hommes, qualifiant ces clubs de « ghettos de femmes », d’autres, de plus en plus nombreux, constatent factuellement le retard persistant des carrières féminines pour soutenir la nécessité des réseaux de femmes, que ce soit comme une étape historique ou comme un besoin pérenne.

    Ces réseaux poursuivent deux objectifs concomitants :

    1.    Développer l’esprit de solidarité - voire de « sororité » (une solidarité plus forte qui pourraient exister entre sœurs), et d’opportunisme, entre les femmes dans leurs vies professionnelles ;
    2.    Partager des bonnes pratiques en termes de carrières « au féminin » : par exemple, progresser dans des milieux encore très masculins et parfois même hostiles, concilier vie privée (et/ou familiale) et vie professionnelle.

    Ces réseaux de femmes existent depuis une trentaine d’années en Occident. Après le temps des groupes restreints de pionnières, souvent des dirigeantes, est venu l’époque des structures plus ouvertes (sans restriction de strates hiérarchiques) et organisées, pour ne pas sombrer dans un premier « effet ghetto » de « happy few » et pour mener plus largement les combats nécessaires avec davantage de femmes parties prenantes. 

    Deuxième « effet ghetto » qui a pu être redouté : refuser aux hommes l’accès à ces cercles, par défiance ou crainte de diluer les sujets. Aujourd’hui, ils sont largement bienvenus dans les réunions des clubs dits « au féminin », car on compte bien capitaliser sur leurs points de vue complémentaires et leur aide concrète pour faire bouger les lignes dans les sphères privées et publiques. Il reste parfois encore à trouver le bon équilibre pour préserver un espace de parole féminin et servir la visibilité des femmes dans l’entreprise, source d’opportunités pour tous.

    Troisième « effet ghetto » à mentionner, qui peut s’appliquer à tout réseau, féminin ou non : n’appartenir qu’à un seul réseau présente un risque d’enfermement. La recommandation récurrente des femmes expertes en réseautage est de panacher ses participations entre réseaux féminins et mixtes, et entre secteurs par exemple. Dans tous les cas, appartenir à au moins un autre réseau non spécifiquement féminin est un équilibrage précieux, tant sur le fond, pour soi, que pour la lecture de son CV par les recruteurs.

    Persuadées que les éventuels « effets ghetto » sont facilement évitables comme vu précédemment, nombre de femmes membres de ces clubs espèrent voir le jour… de l’arrêt de ces réseaux estampillés « féminins », qui seraient devenus enfin caduques du fait de l’avènement d’un monde du travail enfin égalitaire. Un vœu pieux sur un sujet qui ressemble à un éternel recommencement dans la défense de droits jamais définitivement acquis ?

    Pour nos diplômées qui souhaitent saisir l’opportunité des réseaux au féminin, voici quelques pistes : 

    1.    Rejoindre le Club IÉSEG Au Féminin, présidée par Sonia Desmarchelier Levillain (IÉSEG 2003), particulièrement dynamique dans le paysage des clubs d’alumni. Pour la contacter : desmarchelier.sonia@gmail.com
    2.    Ne pas s’imposer d’attendre d’être manager pour rejoindre un réseau de femmes 
    3.    Impliquer les hommes (volontaires !) dans les réseaux féminins
    4.    Miser sur plusieurs cercles, et pas uniquement féminin

     

    ***

    "I'm good at what I do, but I don’t see my career going anywhere... I was told to pay attention to networking, should I join a women’s network? "
    Naysayers consider these circles a pale and vindictive imitation of historical men clubs, describing them as "women’s ghettos", yet an increasing number of people factually underline the continued difficulties with which women are faced in their careers to justify the need for women’s networks, whether as a required step in history or as a lasting need.

    These networks serve two concurrent ambitions:

    1.    Developing solidarity – or even sisterhood or sorority (a stronger feeling of solidarity which could exist between sisters) – and expediency, between women in their professional lives;
    2.    Sharing best practices in terms of "feminine careers": for example, moving forward in still mainly masculine and sometimes hostile environments, reconciling private and professional life.

    In the West, these women's networks have existed for about thirty years. But things have changed. From limited groups of pioneers – often directors and managers – current structures have become more open, more accessible (unrestricted by hierarchy) and more organized so as not to sink into the first "ghetto effect" of remaining the purview of a happy few. Today’s structures actually wish to fight the necessary battles on a larger scale with more female stakeholders. 

    A second "ghetto effect" that could be feared would be denying access to these circles to men, out of distrust or fear of diluting topics. But today, men are most welcome in so-called "women's club" meetings since their complementary points of view and concrete help are considered key assets in making change happen in both private and public spheres. A good balance sometimes remains to be found in order to preserve an environment for women to express their views and serve women's visibility within their companies, leading to opportunities for all.

    A third "ghetto effect", applying to any network – dedicated to women or not –, can be mentioned: being involved in a single network might prove restrictive. Women networking experts frequently recommend participating in a variety of circles, combining women-only and mixed networks, as well as networks concerning different sectors for example. In any case, being part of at least one other non-feminine network offers a valuable balance, both in substance, for oneself, and for the easy reading of one's CV by recruiters.

    Convinced that potential "ghetto effects” can easily be avoided (as explained above), many of these clubs' feminine members hope to see the day... when these women's networks disappear, having finally become obsolete through the long-awaited advent of an egalitarian labour market. Could this be wishful thinking when defending never definitively acquired rights feels like an endlessly repetitive cycle?

    Here are some ideas for those of our graduates who wish to make the most of women's networks: 

    1.    Join the Club "IÉSEG Au Féminin", one of the most active alumni clubs, presided by Sonia Desmarchelier Levillain. Contact: desmarchelier.sonia@gmail.com
    2.    Do not wait until you're a manager to join a women's network.
    3.    Involve (willing) men in women's networks.
    4.    Go for multiple circles, and not just women's networks.
     


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